Petit contrôle et grandes questions

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Vendredi soir, sur le chemin de la gare, après l'Homme de fer, je passe devant une voiture banalisée, remplie de 4 policiers. Ce jour là, j'ai accroché à mon sac, en guise de protestation ironique contre l'OTAN et ses armées trop puissantes, un véritable casque militaire français, décoré d'un badge "Peace and Love" avec le fameux symbole "mercedes" ! Revenant du village auto géré, j'avais également quelques documentations sur les partis politiques qui posent question à notre heure actuelle (PCF, Fédération Anarchiste...).
 
Je passe donc devant cette Xantia grise banalisée où les policiers, accoudés aux portières me regardent passer. Quelques mètres plus loin, après avoir passé le dernier arrêt de tram, la vision de la voiture m'arrive du coin de l'oeil, roulant sur les rails des transports communs (normal, il n'y en avait aucun qui circulait !). Le véhicule se pose parfaitement à la perpendiculaire de mon trajet et les agents en descendent. La main sur la matraque, le premier me salue et me demande de sortir une pièce d'identité. Les autres s'approchent et observent mon casque pendant que le 3e contrôle mon identité à la radio, un peu à l'écart. Ils m'interrogent sur ma destination, mon heure d'arrivée dans la ville et si je n'ai pas eu de problèmes avec ce casque. Je leur réponds alors tranquillement que j'ai même maintes fois demandé mon chemin à plusieurs CRS et autres agents de l'ordre public sans qu'ils ne remarquent rien.
 
Viens le moment de la fouille du-dit sac : ouverture !
- Une cagoule ?
- Ah non Monsieur, c'est un pull marin !
- Qu'est ce qu'il y a dans le sac vert ?
- Le sac vert... c'est une cape Monsieur !
- Ah oui une cape !
- Oui, contre la pluie Monsieur !
- En plus le foulard noir !!!
- Ben oui, j'ai oublié la blanche à la maison...
 
Mais le plus dur à encaisser pour eux fut la découverte d'un périodique du Parti Communiste Maoïste Français(datant de septembre 2008). L'arrêt sur la réflexion de l'agent telle que "vous avez de bonnes lectures, vous" n'est pas tout à fait approprié mais passons ! Un des agents continue sa petite interrogation, qui porte à présent sur le papier (vu qu'ils ont du se rendre compte que je n'étais pas un dangereux anarchiste).
- L'origine de ce journal ?
- ... Je sais pas ! (réponse, pour moi, assez justifiée, vu que je pense que la police n'a pas à connaître mes sources de lecture)
- Ah ! L'éternel "jsaipa"!
- ...
- Nan mais je l'ai eu au village...
 
Sur cette réponse, il fait semblant de ne pas avoir entendu et attend le retour de l'autre policier avec ma carte d'identité (dont j'ai du donner ma nouvelle adresse). Celui ci m'annonce qu'il va devoir me réquisitionner le journal car il a "des ordres". Sur ce, le second lui annonce l'origine du "journal interdit"...
 
2 minutes après, je peux continuer mon chemin : tout ce qui les intéressait (après la découverte de ce feuillet d'opposition) était bien son origine.
 
Après réflexion, j'ai compris que tant que l'Etat policier dans lequel nous vivons connait l'origine de l'Opposition, il peut vivre tranquillement, il sait à qui s'en prendre. Mais dès qu'il perd ses pistes, il prend peur et veut confisquer ces feuilles qui forment, en fin de compte, un grossier ramassis d'idées vieilles de plusieurs décennies, où l'on observe une vaste vague de haine contre le bourgeois, mêlée d'une jalousie extériorisée par les fautes d'orthographe et le manque de vocabulaire....
 
Sommes nous en train de nous faire embrigader ? Avons nous encore le droit de lire les merdes que nous choisissons ?

QC

Publié dans Sommet de l'OTAN

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.Punk 05/04/2009 19:31

Je trouve que nous vivons dans un pays formidable . C'est vrai , les policiers font un travail remarquable . Ils nous empêchent de dévier du droit chemin . Ils nous préservent de la terreur et de l'anarchie ( Mot d'ailleurs utilisé à titre tout à fait péjoratif par les médias , oui les médias , vous savez les amis du président qui nous apprennent à bien penser et à bien réfléchir .) . Grâce à cet état policier , nous marchons tous droit . Enfin , nous sommes sensés marcher droit ... C'est formidable de ne pas être obligé de réfléchir à ce à quoi on doit penser ... L'état le fait pour nous . C'est tout de même harassant de réfléchir alors si des gens peuvent le faire à notre place ça nous donnera plus de temps pour travailler plus pour gagner plus . Et puis merde ! Assez dit de conneries !