Tensions sur le campus

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            Après plus d’une semaine, l’Université de Strasbourg (UDS) a repris vie. L’occupation de l’un des bâtiments (le « Patio ») par le Comité de lutte impliqué dans la grève universitaire qui agitait l’UDS depuis 8 semaines s’était momentanément arrêtée avec l’évacuation des occupants par les forces de l’ordre une semaine avant la tenue du sommet de l’OTAN. Car il était hors de question que l’Université devînt un relais possible à la contestation. Trop près du centre-ville. Trop dangereux.

Hier (lundi 6 avril), l’assemblée générale unitaire (c'est-à-dire concernant l’ensemble de l’université et pas seulement telle ou telle UFR) a voté le prolongement du blocage et le maintien de la grève. À l’heure où le second semestre se termine peu à peu, l’angoisse monte parmi les étudiants non-grévistes qui se demandent bien comment (et surtout quand) tout ça va-t-il se terminer. Du côté des grévistes, pas question de mettre un terme au blocage et à la grève tant que le gouvernement n’aura pas abandonné — ou sensément modifié — la loi sur la « Liberté et responsabilité des universités » (LRU), prévue depuis décembre.

Sur le campus de Strasbourg, les tensions sont donc particulièrement vives entre partisans du maintien de la grève (et du blocage) et les partisans d’un retour à la vie universitaire normale qui souhaitent passer leurs examens de second semestre. Reste la question des modalités de ces examens : sur quoi porteront-ils ? En effet, certains professeurs n’ont pu assurer aucun cours du semestre. Certains ont mis en ligne (via différents blogs) les cours qu’ils étaient censés assurer, mais d’autres soutiennent qu’il est impossible de remplacer un cours en bonne et due forme par quelques pages dactylographiées…

Les décisions votées en assemblées générales unitaires s’appliquent théoriquement à l’ensemble de l’UDS (c'est-à-dire l’ex-Université Marc Bloch, l’ex-Université Louis Pasteur et l’ex-Université Robert Schuman). Mais en pratique, certaines unités au sein de l’UDS sont majoritairement opposées à la grève et au blocage. C’est le cas de la faculté de droit, l’ex-Université Robert Schuman, qui s’est déjà violemment opposée à un blocage « sauvage » qui avait été voté en AG unitaire. On assiste donc à des batailles rangées qui vont jusqu’à l’affrontement physique entre étudiants de lettres et étudiants de droit, qui n’hésiteraient pas à faire appel à des groupuscules d’extrême droite pour dissuader les bloqueurs de s’en prendre à leurs locaux.


La prochaine assemblée générale unitaire est prévue jeudi 9 avril.
BC

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