Vente historique à Molsheim

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La succession de Madame Fritz Schlumpf a été mise aux enchères dimanche dernier par la maison de vente aux enchères Gasser Audhuy. Elle a impressionné le public et les acheteurs par ses lots d’exception et leurs prix jamais atteints.

 
 

publicité pour la Bugatti T-50, Gerold (1932) 

 

 

 

// Le (gros) lot d’exception

 

Certains n’ont pas peur de pousser le bouchon assez loin. Celui du radiateur de la Bugatti Royale de Fritz Schlumpf a été adjugé à 238 000 euros (sans les frais de vente) à un particulier, dimanche dernier à l’Hôtel de la Monnaie de Molsheim. Organisée par le commissaire-priseur Antoine Audhuy et l'expert de l'étude Frédéric Gasser, cette vente exceptionnelle regroupait la succession de Madame Arlette Schlumpf, veuve du collectionneur et fondateur du Musée de l’Auto de Mulhouse, décédé en 1992. Ce superbe bouchon en argent représente un éléphant dressé sur un rocher (ou est-ce un ballon de cirque ?).


Éléphant en argent, Rembrandt Bugatti (1926)

Ettore Bugatti s’attribua le tout premier modèle de sa série de six « Royale » qui sortirent de ses usines et choisit parmi les œuvres de son frère sculpteur Rembrandt cet éléphant qui devait sublimer une voiture d’exception. Pour rappeler ce choix, Ettore fit  d’ailleurs monter des boutons ainsi qu’un pommeau en ivoire au levier de vitesse. Cette voiture n’eut que deux propriétaires : Ettore Bugatti et Fritz Schlumpf, qui dut la céder au Musée de l’Auto, devenu propriété de l’État en 1981. Lorsqu’il quitta la France où sa sécurité n’était plus assurée, Fritz emporta avec lui cette pièce unique en souvenir de sa « Royale 41100 Coupé Napoléon ». L’heureux et anonyme acquéreur de dimanche qui dit l’avoir acquise « en hommage à un collectionneur et un homme d’exception » en est donc le troisième propriétaire…

 

 

// Rolls-Royce, Ferrari, Bugatti et compagnie

 
 

Dans une salle archicomble et légèrement surchauffée, les enchérisseurs s’affrontent, discrets et modestes. Pour un petit tour de chauffe, on vend le mobilier de Fritz et de son frère Hans à des collectionneurs (particuliers ou musées), ainsi qu’une vaste collection d’estampes, de sculptures et de carrés Hermès. Petit à petit, les meubles partent, les objets d’art se répartissent ici et là, puis vient le tour des derniers lots. Les applaudissements retentissent lorsque le marteau tombe pour ceux-là : la Rolls Royce « Silver Spirit » blanche (adjugée à 32 000 euros), la Ferrari Testarossa (44 000 euros au marteau) et la fameuse Bugatti Type 52 « Baby », une voiture électrique à l’échelle ½, adjugée à … 65 000  euros ! Pour l’ultime enchère (l’éléphant d’argent), c’est un tonnerre d’acclamations qui éclate après plus de quatre heures d’enchères frénétiques et ininterrompues, au téléphone ou en salle. Une vraie performance pour le commissaire-priseur qui ne relâche ni son marteau ni son attention.

 


 Rolls-Royce "Silver Spirit" (1991)


                                                          Ferrari "Testarossa" (1986)
 
 
                                                       Bugatti T-52 "Baby" (circa 1930)



// Records battus ! 

 

Cette vente a quelque chose d’historique, peut-être pour deux raisons : d’abord parce que les pièces sont en elles-mêmes des morceaux d’histoire (celle de l’automobile et de la passion qu’elle a engendrée), mais surtout par son aspect financier : c’est en effet la première fois que des pièces Bugatti atteignent une telle valeur à l’adjudication. Du grand art, un beau spectacle !

 

++ La prochaine vente aux enchères de l’étude Gasser Audhuy est prévue pour novembre 2009. On y vendra vêtements et objets « vintage », bijoux et fourrures.

 

 

+ catalogue de la vente

 

+ site de l’étude Gasser Audhuy


 
+ ils en parlent : France 3 Alsace 

 

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