La journée sans immigrés : la consommation comme arme

Publié le par baptiste cogitore

Initié en France par Peggy Derder, Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, le mouvement s’inspire de celui des Latino-Américains (en 2006) pour manifester l’importance des immigrés dans la richesse d’un pays. D’après les fondateurs, les propos tenus par Brice Hortefeux, lors de l’université d’été de l’UMP en 2009 ont été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

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 De dimension européenne, la "Journée sans immigrés : 24h sans nous"  s’est déroulée à Paris et dans quelques grandes villes de France (3 000 à Paris et 7 000 dans tout le pays selon divers webmédias), en Espagne, en Italie (20 000 rien qu’à Naples, où de grandes associations ont coordonné le mouvement) et en Grèce — malgré la crise économique que subit le pays. Des sans-papiers étaient aussi présents dans les différentes manifestations.

 La date du 1er mars a été choisie en référence au «code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile» (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers, entré en vigueur le 1er mars 2005. Le principe : passer une journée sans rien consommer pour démontrer l'importance des immigrés dans la croissance d'un pays.

Ils étaient entre 50 et 70 à manifester sur la Place Broglie, lundi dernier. Abbès Benharrat, le principal organisateur du mouvement à Strasbourg et la CALIMA (Coordination alsacienne de l’immigration maghrébine) espèrent un taux de participation plus élevé l’an prochain. Le collectif appelait à la mobilisation dans le manifeste suivant (extraits) :

[…] Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants. Rappelons qu’un immigré est celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines. Nous voulons nous réapproprier et réhabiliter ce terme devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique.

Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale. Nous refusons que les bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait. Et entendons par ailleurs qu’il nous appartient de les mettre en valeur.

[…] Aujourd’hui, puisqu’il est convenu que « la consommation est le moteur de la croissance », nous voulons agir sur ce levier pour marquer notre indignation.

[…]Nous, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays.

Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale. […]

Pour la première fois en France, nous décidons de ne pas participer à la vie de la Cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence.

 Interrogé lors du Talk Orange/Figaro, le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Eric Besson a demandé à ce qu'on ne crée "pas des épouvantails qui n'existent pas." Il a ajouté : "ce n'est pas la peine d'inventer une stigmatisation" (sic).


Texte : Baptiste Cogitore
Dessin : © Niko
 

+ reportage de la manifestation du 1er mars à Strasbourg (Stras-TV)


Journée sans immigrés à Strasbourg.
envoyé par StrasTv. - L'actualité du moment en vidéo.

+ Le groupe « JSI » est sur facebook 

+ portraits des initiateurs du mouvement en France sur Rue 89 


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