« Nos résistances », de Romain Cogitore

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« Une violence plus intérieure que la guerre »

 

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Le premier long-métrage de Romain Cogitore raconte l'histoire d'adolescents qui montent au maquis pour jouer les héros et épater les filles. Une autre vision de la Résistance qui en raconte des réalités moins nobles.

 

« Été 1944. François est un jeune secouriste inconscient. Son désir secret est de pouvoir coucher avec son amoureuse. Un soir, alors qu’ils sont sur le point de franchir le pas, un résistant vient leur demander de l’aide.

François monte au maquis pour impressionner la jeune fille et rejoint un groupe de quinze garçons immatures. Mais là-haut, rien ne se passe comme prévu.

La guerre les rattrape, marquant brutalement la fin d’une innocence. François se retrouve entre deux feux… »

 

Premier long-métrage de Romain Cogitore (25 ans), « Nos Résistances » plonge dans une histoire intime où l’Histoire percute de plein fouet les personnages. Le film est né à partir d’une image : « la photo du groupe de maquisards où se trouvait mon grand-père au même âge que moi. Il posait avec une quinzaine de garçons regardant l’objectif. C’était une image saisissante : des jeunes gens vivant une vie d’aventuriers dans la forêt pouvaient donner naissance à une dramaturgie très forte », explique-t-il.


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Romain Cogitore s’intéresse donc plus aux hommes qu'à l'Histoire : son dernier court-métrage, Des Hommes, mettait en scène deux jeunes garçons un peu fous jouant les durs dans un mini maquis à deux. La guerre, le maquis en deviendraient presque anecdotiques : « ce qui m’intéresse, c’est une violence plus intérieure que la guerre », annonce le réalisateur. « Une violence masculine archaïque, empreinte de sexualité, de bestialité. Et le maquis n’en est finalement qu’un condensé explosif ».

Loin du mythe « résistancialiste » et des images de livres d’histoire, « Nos Résistances » décrit une réalité peu glorieuse des maquisards, étayée par des recherches et des témoignages au cours de l’écriture du film. Avec François (alias « Racine »), on y découvre des jeunes gens peu politisés, arrivés au maquis pour échapper au STO ou par vantardise, pour épater les filles, des maquisards juifs subissant l’antisémitisme au sein même des maquisards… « J'ai voulu aborder la période 1944 comme un dialogue entre les générations », précise Romain Cogitore, qui a choisi de faire répondre au quatuor qui compose la BO du film (signée Mathieu Lamboley et Booster) des compositions hip-hop. Contraste et décalage assumés, donc.


 

Si le maquis de « Nos Résistances » n’est pas situé géographiquement, Romain Cogitore a tenu à tourner le film en Alsace et dans les Vosges : « Ce n’est pas une toile de fond : il s’agit avant tout d’univers et de puissance d’imaginaire. La beauté de ces paysages, les cicatrices des guerres et les traces qu’elles ont laissées dans le relief de certains champs m’inspirent. Filmer dans le massif vosgien, c’est le désir d’emmener les gens chez moi », explique le réalisateur originaire de la vallée de Kaysersberg. Les jeunes « héros » du film se battent pour cette terre, ou plutôt pour ces paysages.


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Site officiel du film « Nos Résistances »

Sortie nationale le 5 janvier 2011

Avant-première le 4 janvier à Strasbourg, cinéma Star (20h), en compagnie du réalisateur.

Avec : François Civil, Grégoire Colin, Grégory Gatignol, Jules Sitruk, Michel Vuillermoz, Jules Sadoughi, Juliette Lamboley, Augustin Legrand, Anne Benoît.

Durée : 1h26

Distribution : Shellac

 

 

 

 

 

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