"Du jour où je ne serai plus indigné..."

Publié le par plate-forme

 

« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

Gustave Flaubert, 

Lettre à George Sand, 12 juin 1867

Commenter cet article

COGITORE jacques 04/09/2010 19:03



du petit lait le Flaubert...y' en a qui devrait lire autre chose que du Proust...



Henri de Rochechouart 08/10/2010 09:26



Cher monsieur,


Le caractère diffamatoire de votre commentaire a retenu notre attention.


Je vous annonce que la rédaction de Plate-forme a déjà engagé des poursuites contre vous pour atteinte à l'honneur des lecteurs de Proust, et que l'association des "Amis de Marcel Proust", sise à
Combray et présidée par Claude Contamine ainsi que l'Institut Marcel Proust international se sont constitués partie civile.


Je vous invite à relire "A la recherche du temps perdu" : on y trouve une très belle satire de la société mondaine de la Belle Epoque, où l'humour est un pendant très
efficace à l'indignation.


Bien cordialement,


Henri de Rochechouart, 


directeur de publication de Plate-forme