WRC : retour sur la journée d'ouverture

Publié le par Nicolas Hecquet

 

 

 

Pour la première fois de son histoire, l'Alsace accueille l'étape française du championnat du monde de rallye, non sans avoir suscité quelques contestations. Retour sur la journée d'ouverture, entre râle de moteurs et bouillonnement de la foule.

 

Strasbourg, jeudi 30 septembre 2010. Déjà en tout début d'après-midi sur le parcours emprunté par les coureurs, la présence massive du public se faisait palpable. « On ne s'attend pas à voir beaucoup de monde passer chez nous » confie-t-on à la pharmacie de la Vierge, jalonnée de rambardes ; guère plus de monde en pleine manifestation dans les tavernes de la place Kléber où les garçons de café ne demandent qu'à servir.

Précédées par un défilé d'anciennes voitures toutes construites en Alsace et par l'arrivée vivement applaudie du champion Sebastien Loeb, les grosses cylindrées font leur apparition aux alentours de 18h et les coureurs « de pointe », ceux qui se disputeront férocement la victoire, se suivent au fil des derniers autographes. C'est alors qu'arrive, sur un podium contrastant de ses jets de flammes et d'étincelles la nuit peu à peu tombée sous l'averse, le sextuple champion du monde que tout le public acclame et accueille dans sa région natale (entre temps consacré pour la septième fois champion du monde, ndlr.).

On le savait, cette onzième manche du championnat WRC allait être une grande fête populaire.

Pourtant, surtout du côté de ceux qui condamnent les répercussions écologiques d'un tel événement, les festivités ne s'étaient pas annoncées des plus ferventes et encore quelques jours seulement avant l'inauguration de la course, le climat était plutôt contestataire, notamment de la part de « Ras le Rallye». Le samedi 25 septembre, ce collectif, rassemblant une trentaine d'associations en faveur de l'environnement et de la sécurité routière, avait mobilisé quelque 200 personnes, opposées principalement au rétablissement du centre ville comme zone accessible au trafic routier.

Deux jours plus tard, une conférence de presse organisée par les principaux promoteurs de l'étape en Alsace permettait de désenfler toute polémique et de réaffirmer le soutien porté à l'événement.

« Il n'y a pas de rapport entre une manifestation de cette nature et les politiques de mobilité urbaine que nous menons depuis fort longtemps […] et qui visent à réduire la pénétration de la voiture au cœur de la ville », se défendait Roland Ries. On ne saurait en effet remettre en cause la volonté du maire PS de trouver des alternatives non seulement aux flux pendulaires en périphérie de Strasbourg (notamment par le développement du tram-train) mais aussi à la circulation en centre ville, par exemple avec la mise en place toute récente du vélhop depuis le 23 septembre.

Pour sa part, le conseiller régional Jacques Bigot avançait la notoriété que tirerait la capitale alsacienne et la communauté urbaine d'un événement comme celui-là, tout comme y avait contribué la réunion du sommet de l'OTAN au début d'avril dernier.

Quant aux rallye-sceptiques, s'il est vrai que l'annonce faite par le président de la fédération française de rallye avançant un poids écologique moindre que Roland Garros ou le Tour de France frise la lapalissade (n'y a-t-il pas deux poids deux mesures ?), ils ne peuvent qu'accueillir favorablement l'effort par les organisateurs de se soumettre à un bilan carbone et de redistribuer financièrement l'équivalent de leur utilisation de CO2. N'oublions pas non plus que c'est à force de course automobile que les innovations en matière d'écologie se font de plus en plus performantes, à l'instar du système de récupération d'énergie cinétique utilisée en Formule 1 l'année passée et habilitée à présent sur l'automobile de tourisme.

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